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Marrakech : ville gay friendly ?

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Certaines villes comme Tel Aviv, Sao Polo, San Francisco, New York… ont la réputation d’être particulièrement accueillante pour les gays. C’est aussi le cas de Marrakech et depuis des décennies déjà…

Il faut dire que dans le monde arabe, à cause de la séparation des sexes, l’exclusion des femmes de l’espace public, il y a, d'emblée, tout un environnement homo-érotique qui se révèle au visiteur étranger : la manière qu’ont les hommes de se tenir la main, de s’embrasser, d’échanger des gestes de tendresse : les hammams, en particulier, avec la toilette mutuelle, les massages, alimentent tous les phantasmes…

Aucune raison objective ne laisse penser que les homosexuels soient plus nombreux dans les pays arabes mais les pratiques sexuelles entre hommes y sont plus fréquentes, du moins dans la période entre puberté et mariage ; c’est une homosexualité de substitution, d'initiation.

Mais pourquoi, plus que toute autre ville du Maroc ou du monde arabe, Marrakech a pu se charger de cette réputation si particulière ?

 

Des racines anciennes

Un des clefs est sans doute à chercher dans son histoire, dans la genèse particulière de la fondation de la ville. En effet, alors que la quasi-totalité des villes du monde ont connu une croissance progressive souvent liées à leur situation, leur développement économique, la richesse d’un arrière pays agricole, Marrakech, dès sa fondation, (et qui est relativement récente : moins de 1000 ans) la ville a été imaginée comme une capitale et qui plus est, comme une capitale commerciale. Les fondateurs, issus de tribus qui nomadisaient en Mauritanie, cherchaient à prendre le contrôle de la route de l’or qui venait de Guinée, de Tombouctou, vers Fez et la riche Andalousie. Après avoir pris le contrôle de Ghmat, la ville la plus au sud du temps des Idrissides, ils fondèrent à proximité, Marrakech, qui devint vite le premier carrefour commercial où s’échangeait l’or, les épices, le sel, les esclaves… C’était aussi la première ville étape et de réjouissance après les pénibles traversées du désert et de l’Atlas. Le gout pour les plaisirs de la table, et celui des histoires qu’on attribue encore aujourd’hui aux marrakchis, et qui se perpétuent en particulier sur Jemaa el fna, prend sa source dans cette histoire là. A l’instar de n’importe quel port avec son lot de prostitution, à cause du trafic d’esclaves (y compris pour des usages sexuels), Marrakech a toujours eu une réputation sulfureuse, et associée au libertinage.

 

Marrakech : le renouvellement

Après un long déclin, un nouvel essort a été possible grâce au tourisme ; bien que son patrimoine architectural soit moins riche que celui de Fès, elle n’avait pas l’austère réputation de la capitale spirituelle. La pauvreté ouvrait aussi la porte à toutes les dérives…

La réalité d’une ville se construit paradoxalement d’une réputation. La présence, les dernières décennies, de figures homosexuelles internationales comme Yves Saint Laurent et quelques autres, ont contribué à la création du mythe.

Le paradoxe de la ville aujourd’hui est de réunir une importante communauté homosexuelle venue de tous les pays et de tout le Maroc, alors que, dans les faits, aucun lieu spécifiquement gay n’a pignon sur rue. Tous les établissements qui, un temps, ont drainé une clientèle homosexuelle, ont fermé ou dû changer leur politique à cet égard : le Diamant noir, la Bodega,... Les maisons d’hôtes qui se revendiquent comme gay friendly à Marrakech sur des sites étrangers se montrent au mieux tolérantes pour leurs hôtes étrangers mais ne peuvent couvrir la moindre prostitution ni les aventures d’un soir car le voisinage, la pression sociale, la surveillance administrative, limitent les dérives.

Des reportages sur la prostitution et la pédophilie à Marrakech, relayés par les médias européens, obligent les autorités à une vigilance de tous les instants ; il s’agit de freiner tout développement d’un certain tourisme sexuel, mais aussi de la délinquance qui se nourrit de l’argent facile.

Reste que la ville est remarquable par sa vie nocturne, ses discothèques, son gout pour le clinquant, son sens de la fête. Et le jour, le soleil brille toute l’année ! Autant d’arguments qui séduisent bon nombre de gays… Alors, si la ville n’est pas, à proprement parler, une capitale gay, elle est, assurément, une ville gaie, et on l’aime pour cela !



20/12/2013
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