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Agression homophobe à Beni Mellal

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En mars 2016, une vidéo publiée sur les réseaux sociaux a montré un couple homosexuel marocain se faire agresser violemment par un groupe de jeunes. Après avoir forcé la porte et pénétré dans la chambre, tout y passe : insultes, menaces avec armes blanches et coups de poing. Les deux homosexuels ont été violemment filmés avant d’être jetés nus dans la rue, visages tuméfiés en sang. La vidéo n’est pas datée mais a été tournée à Beni Mellal, à 200 km de Marrakech. 

 

Ce n’est pas la première agression de ce type ; en juin 2015 à Fès, un homme, soupçonné d'être gay car travesti, a de la même façon été agressé par une foule. À la même période, le magazine Maroc Hebdo avait créé la polémique avec une couverture provocante intitulée «Faut-il brûler les homos?».

 

Plus choquant encore : Abdellah B., une des victimes, a été condamnée à 4 mois de prison ferme en vertu de l’article 489 du code pénal qui prévoit des sanctions de « six mois à trois ans de prison et d'une amende de 200 à 1.000 dirhams, à moins que le fait ne constitue une infraction plus grave, quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe », et, dans le même temps 2 des 4 agresseurs arrêtés (dont un mineur) n’ont été condamnés qu’à 2 mois de prison... avec sursis !

 

Si la population reste largement homophobe (des manifestations de soutien aux agresseurs ont même eu lieu à Beni Mellal), il y a une vraie évolution de la société civile qui s’est rapidement mobilisée. 20 associations marocaines de droits de l’Homme (AMDH, ALCS, GADEM, MALI, ASWAT, etc...) ont signé, dès le 28 mars, un communiqué conjoint appelant à la libération des deux victimes. Une pétition a été lancée recueillant plus de 69.000 signatures. L’affaire a pris aussi une tournure internationale : «Ce verdict va décourager les victimes de demander justice, il va aussi accroître la probabilité de crimes homophobes» explique Sarah Leah Whitson, directrice exécutive Human Rights Watch au Moyen-Orient et Afrique du Nord dans un communiqué publié le 8 avril. Une équipe de journalistes du Petit journal, émission phare de CANAL+ (France) a même été arrêtée alors qu’elle tentait de tourner un reportage sans autorisation…

 

La situation touristique délicate au vu du contexte international et la nécessité de défendre une image apaisée du Maroc ont peut être infléchi la réaction de la justice.

 

Dans le procès en appel (11 avril) Abdelaziz R., n’a eu que trois mois de prison avec sursis, la peine du premier a été transformé en sursis, alors que les peines des agresseurs ont été revues à la hausse : quatre et six mois de prison ferme ; un autre a écopé de trois mois de prison avec sursis tandis que le dernier a été innocenté selon les mêmes sources.



12/04/2016
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